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Céline Lajoie

Suivez-moi au cœur du blues… 

Bon voilà, j'aime le blues, il me fait du bien, j'aime l'entendre et le voir. Je l'écoute chez-nous, dans l'auto, sur les stations radio communautaires de Québec, je vais le voir en spectacle et dans les festivals.
De plus, j'aime dire à quel point le blues me fait du bien. Alors quoi de mieux que de faire des reportages sur les spectacles auxquels j'assiste? Suivez-moi dans mes sorties, je vais tenter de vous exprimer l'ambiance de la soirée et les feelings que cette musique crée dans l'âme et le cœur.
Rien de technique, je n'y connais pas grand chose, pas beaucoup de titres, d'analyse de styles ou de marques d'instruments mais plutôt les impressions visuelles et auditives que l'énergie du blues aura laissées dans mon souvenir.
Pour compléter mes textes, vous pourrez aller voir mon profil Myspace où je mets des vidéos: http://www.myspace.com/tatieblue  et sur Flickr où je mets des photos: http://www.flickr.com/photos/bluesmama  

Au plaisir… Céline Lajoie.


David Gogo

J'aime bien David Gogo, je le connais depuis de nombreuses années et je l'ai vu à quelques  reprises dont celle où il a fait la première partie de Johnny Winter au Cabaret du Capitole au printemps 2006. Je trouve que c'est un guitariste de talent à la voix claire dans laquelle il y a juste assez de cassé pour faire bien blues. Il était à la Grange Marcoux jeudi le 15 novembre avec son bassiste de Colombie Britannique Jay Stephens et les autres musiciens, le claviériste Julian St. Martin, le batteur Andrew Lamarche et la jolie choriste Becky Abbott qui sont tous de la région d'Ottawa.  

Je dis je l'aime beaucoup, oui mais j'avais surtout très hâte de voir Jon Amor guitariste et chanteur du mythique et défunt band de blues britannique "The Hoax" qui faisait la tournée avec Gogo depuis les provinces de l'ouest. Malheureusement le décès de son père a rappelé Amor d'urgence en Angleterre ce qui nous a privé de sa présence. Jay Stephens qui a tourné avec lui avant son départ m'a dit que la formule du spectacle était que Amor faisait la première partie en solo acoustique, donc une heure complète ce qui nous aurait donné la chance de connaître mieux ce chanteur et de voir où l'a mené son inspiration après la dissolution de son groupe.  

Gogo n'est pas le plus communicatif sur scène et son humour froid ne contribue pas quant à moi à lui donner du charisme. Mais pour ce qui est de son style à la guitare, là je n'ai rien à redire. Il a fait plusieurs de ses compositions tirées des ses albums entres autres Skeleton Key et Halfway to Memphis. Il a de plus interprété des classiques du blues avec sa touche personnelle qui les renouvelle sans nous dépayser. J'ai beaucoup aimé ses solos dans les pièces comme "The Thrill is Gone", "Hoochie Coochie Man" et "Dust My Broom" où il a fait montre de toute sa dextérité et de son originalité allant vers ce qui semblait de l'improvisation à certains moments. Sa très belle interprétation de "This is a Man’s World" de James Brown a été un des clous de la soirée. 

Sur quelques pièces, il était accompagné de sa jeune choriste Becky Abbott à la voix puissante et chaude, qui sortait tout à coup de derrière le rideau sans aucune présentation. Nous avons fini par connaître son nom vers la fin du spectacle quand elle a elle-même interprété une chanson et que Gogo nous l'a présentée en même temps que ses musiciens. Contrairement à plusieurs groupes en spectacles, les musiciens de Gogo n'ont pas fait de solo à tour de rôle mais l'ensemble était très au point. L'excellent claviériste Julian St. Martin a eu plusieurs moments pour exprimer son talent.  

La salle était pleine, la foule où on a vu d'anciens habitués de l'Autre Caserne aimait beaucoup et le montrait avec fougue; le son, plutôt fort, était par contre bien équilibré et nous n'avions aucune difficulté à distinguer chaque instrument et les voix. Le spectacle un peu court allait se terminer à 22:30hrs, mais Gogo nous a généreusement gratifiés pour le rappel de deux chansons supplémentaires dont un long slow, ce qui a mis fin à cette soirée remplie d'énergie. Et c'est dans ces moments-là que, dans les conversations, l'espoir de voir revenir à Québec des noms comme Larry Garner, Jimmy Thackery, Ronnie Baker Brooks refait surface, espoir étayé par la présence de Jeff Girard des productions "Le Blues en Ville" qui nous fait de belles surprises à la Grange Marcoux cette année…  

http://www.davidgogo.com/

http://www.myspace.com/davidgogo

Céline Lajoie
pour Art Blues - Novembre 2007

David Rotundo Band


Pour la visite de David Rotundo le 2 novembre à La Chapelle, la salle était plus qu'à moitié pleine ce qu'on peut qualifier de succès de foule comparé à certains spectacles.

J'aime beaucoup le Centre d'Art La Chapelle à Vanier, le son y est bon et la scène surélevée permet de bien voir. De plus, comme pour les quelques spectacles que j'y ai vus récemment les techniciens nous ont fait la grâce de ne pas mettre en branle la machine à fumée artificielle ce dont je ne les remercierai jamais assez. Les gradins sont escamotables pour permettre une ambiance cabaret et accueillir une plus petite foule comme c'était le cas vendredi. Que voulez vous, on aimerait bien remplir des stades comme en Europe mais il semble que les amateurs se font parfois tirer l'oreille pour aller encourager le blues live.

L'harmoniciste s'est présenté seul au début du spectacle, a commencé à jouer une pièce instrumentale assez enjouée et un à un, en commençant par le guitariste Dan Dufour, les musiciens sont entrés en scène, chaque instrument s'ajoutant au fur et à mesure. C'est à ce moment  que nous avons eu la surprise de constater la présence d'un deuxième guitariste.

C'était la première fois que je voyais ce musicien et j'avais hâte d'entendre la dynamique du groupe avec ce nouveau membre. Malheureusement j'ai été déçue. Je trouve Dan Dufour excellent et ses solos sont très efficaces, Des Brown lui enlève du temps de scène. De plus j'ai trouvé que Brown jouait trop fort et mon oreille qui, je l'avoue, n'a aucune connaissance technique, a trouvé plus ou moins heureux le mariage du style de Brown avec celui du band de Rotundo. Ceci étant dit, mon mari a apprécié ce guitariste et la foule était très enthousiaste envers lui, applaudissant volontiers ses solos. Dan Dufour à qui j'ai demandé après le spectacle s'il ne trouvait pas que ce membre supplémentaire lui enlevait de la visibilité m'a répondu que sa présence lui ôte une certaine pression et que l'entente entre les membres du groupe est très bonne.

Rotundo a été comme à son habitude très performant. D'une énergie presque exubérante il nous a fait ses principales compositions dont le très lent et subjectif "Can I Come in Your Kitchen" qui a suscité, le vin aidant, beaucoup de réactions chez certaines dames dans la foule. L'harmoniciste a fait un tour dans la salle ce qui est toujours apprécié des amateurs et, assis sur une chaise parmi les spectateurs, il a échangé avec Dan Dufour. L'harmonica et la guitare se répondaient dans le silence admiratif de la foule.

Nous avons aussi eu un solo de basse de la part de Shane Scott. Là, l'échange s'est fait entre le bassiste et le batteur. Autre déception de ma part, j'ai déjà vu des solos extraordinaires faits par Scott mais bien que j'aie aimé celui-là, je l'ai trouvé plutôt sage. Il a aussi chanté, lui qui a une très belle voix.

Dans l'ensemble, j'ai aimé ma soirée puisque Rotundo et son band sont d'excellents musiciens et que le blues est vraiment à l'honneur quand ils performent. J'ai trouvé que le son avait gagné un peu trop en décibels dans la deuxième partie et quand une telle chose arrive je me demande toujours si c'est voulu de la part des musiciens ou si c'est une initiative du technicien du son.

Le spectacle s'est terminé après un rappel énergiquement demandé par des spectateurs puis les musiciens sont venus dans le hall pour échanger avec les gens et signer des CD, entre autres leur dernier "Live at Roc'n Doc's".

http://www.davidrotundo.com/

http://www.myspace.com/davidrotundoband


Céline Lajoie
pour Art Blues - Novembre 2007

Bharath and His Rhythm Four 


Bharath et ses musiciens revenaient  à la Grange Marcoux ce vendredi 26 octobre pour y présenter leur ambiance, celle qu'ils savent si bien créer dans leurs spectacles et qui nous amène dans un autre temps, à l'époque des débuts du blues électrique. La salle remplie environ à la moitié de sa capacité était composée de fans du groupe qui les connaissent et savent à quel point leur spectacle mérite d'être vu. J'y étais avec ma fille de 23 ans qui apprécie de plus en plus le blues et qui aime différents styles. Elle a eu un coup de cœur pour Kevin Mark, Anthony Gomes l'a fait craquer, Sonny Wolf l'a fait danser et maintenant Bharath lui fait découvrir une autre dimension du blues.  

L'harmonica, la batterie, la contrebasse et la guitare, tous ces instruments anciens se combinent avec bonheur pour l'interprétation des compositions et des classiques du blues dans une atmosphère feutrée. Ne cherchez pas des solos de guitare effrénés, Colin Perry tout à fait stoïque va vous donner un de ces blues délicieux à la guitare, tout de retenue et d'efficacité. Ben Caissie à la batterie va vous fasciner par ses mouvements dansants et sa diversité dans son jeu, ne faisant jamais la même chose d'une chanson à l'autre. Costa Zafiropoulos au sourire irrésistible qui était le bassiste ce soir-là, dont le beat à la contrebasse donne tout le mouvement à l'ensemble et Bharath à la voix et à l'harmonica. J'aime beaucoup le son qu'il tire de son instrument, un son plutôt mélancolique. Je sais bien qu'il en faut pour tout les goûts et je laisse Rod Piazza à ceux qui l'aiment, mais je préfère le son que des bluesmen comme Bharath et David Rotundo donnent à l'harmonica. 

Le groupe a fait plusieurs chansons de leur dernier CD Friday Night Fatty que je trouve excellent. Ils ont fait de tous les styles et la foule a beaucoup apprécié. C'était ce genre de foule qui sait écouter, surtout dans la deuxième partie quand un couple vraiment très(trop)exubérant eût quitté. Il y a eu des ces moments où on entendait les notes voler, toutes menues, faites du bout des baguettes sur la batterie et du bout des doigts sur les cordes. Pas un bruit dans la salle, même pas un claquement de doigt, les gens fascinés observaient toute la diversité des talents des musiciens.

J'aurais un suggestion à faire à ceux qui fréquentaient le bar l'Emprise du Clarendon pour assister aux spectacles de jazz et qui s'ennuient de cette ambiance. Quand Bharath reviendra dans la région de Québec, allez le voir, vous ne serez pas déçus. Moi qui suis plutôt blues-rock j'ai un gros faible pour Bharath and His Rhythm Four. Je suis contente qu'il soit là pour qu'on se rappelle d'où vient le blues et ses rythmes. Et joué par eux, le blues reste vrai, bien réel comme quand il est né.  

http://www.myspace.com/bharathandhisrhythmfour 

Céline Lajoie
pour Art Blues - Novembre 2007