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Céline Lajoie

Suivez-moi au cœur du blues… 

Bon voilà, j'aime le blues, il me fait du bien, j'aime l'entendre et le voir. Je l'écoute chez-nous, dans l'auto, sur les stations radio communautaires de Québec, je vais le voir en spectacle et dans les festivals.
De plus, j'aime dire à quel point le blues me fait du bien. Alors quoi de mieux que de faire des reportages sur les spectacles auxquels j'assiste? Suivez-moi dans mes sorties, je vais tenter de vous exprimer l'ambiance de la soirée et les feelings que cette musique crée dans l'âme et le cœur.
Rien de technique, je n'y connais pas grand chose, pas beaucoup de titres, d'analyse de styles ou de marques d'instruments mais plutôt les impressions visuelles et auditives que l'énergie du blues aura laissées dans mon souvenir.
Pour compléter mes textes, vous pourrez aller voir mon profil Myspace où je mets des vidéos: http://www.myspace.com/tatieblue  et sur Flickr où je mets des photos: http://www.flickr.com/photos/bluesmama  

Au plaisir… Céline Lajoie.



The Kevin Mark Blues Band


On peut parler d'une tradition qui s'installe quand un groupe fait salle comble à chacune de ses apparitions. C'est ce qui arrive quand Kevin Mark est en spectacle à la Grange Marcoux. Vendredi soir, on voyait bien dans l'humeur des musiciens qu'ils étaient contents de jouer devant un public qui les accueille toujours avec autant de plaisir. La scène débarrassée de son encombrante balustrade, des rideaux bleu uni et un coup de  peinture pour rafraîchir le tout ont créé un nouveau décor. Belle initiative de Richard Gosselin le proprio qui pouvait difficilement investir plus dans les rénovations puisqu'il attend début 2008 une réponse à sa demande de permis pour un agrandissement  qui porterait à 300 places la capacité de la salle.

Accompagné de 5 musiciens, les saxophonistes Matt Mousseau et Red Gauthier, Big Daddy le batteur qui fêtait son anniversaire, Costa toujours entraînant à la contrebasse et Christian Leblanc aux claviers qui complète si bien l'ensemble, Kevin Mark a offert une performance pleine de bonne humeur et de professionnalisme. Nous avons entendu ses classiques et ses nouveaux succès qui sont sur le CD Cuttin' Loose. Je ne me lasse pas d'entendre la très émouvante St. James Infirmary ni d'ailleurs, à l'autre extrême, Le Blues de la Pension Alimentaire, moment où Kevin réussit toujours à mettre la salle en délire. Nous avons aussi eu droit à une chanson de saison, un coquin slow blues de Noël. 

La talentueuse Clio a accompagné Kevin pour If Your Phone Don't Ring et elle est restée en scène pour interpréter un superbe "It Hurts Me Too". La jeune chanteuse revient de France où elle et son groupe ont participé au Festival Blues sur Seine(voir en page d'accueil pour un reportage complet).

Ce fut une soirée Kevin Mark très réussie, Richard Gosselin a d'ailleurs annoncé le retour du groupe pour le 22 février puisque plusieurs n'ont pu avoir de billets vendredi faute de place. Et moi, ce que j'ai aussi très hâte de voir à Québec, c'est une autre facette de Kevin Mark, les Kitchen Shakers où Kevin fait équipe avec Dale Boyle, talentueux musicien, compositeur à la voix remarquable. Espérons que nous les verrons bientôt dans la région.
 
Céline Lajoie
pour Art Blues - Décembre 2007





Garrett Mason

Ceux qui me lisaient sur Passion Blues se souviendront peut-être que j'avais été dithyrambique après avoir découvert Garrett Mason au Centre d'Art La Chapelle à Vanier l'an passé. Je ne le serai pas moins cette fois-ci, soyez-en avertis tout de suite.

Décédé il y a bientôt un an, le père de Garrett Mason avait été surnommé"The Canadian prime minister of the blues" par  B.B. King qui reconnaissait là son influence sur la musique blues au Canada. Je pense que son fils porte dans son âme le talent de son père et que l'avenir dira au monde à quel point Garrett Mason est talentueux. Capable de rester absolument blues tout en étant novateur, il a un style dont l'originalité, l'inventivité et la sobriété se démarquent de celui de la plupart des jeunes musiciens de blues contemporains que j'ai vus et entendus.

Mason  joue toujours sans médiator, il m'a dit l'avoir utilisé en début de carrière pendant 3 ou 4 ans mais dès qu'il a commencé à jouer live, il n'a plus senti le besoin de prendre cet accessoire. Le geste qu'il a fait en le disant était évocateur, mouvement de la main qui rejette une chose devenue inutile. Et nous, ébahis, l'avons observé, contemplé, écouté nous demandant s'il n'avait bien que cinq doigts à la main droite tellement le son qu'il tire de sa guitare est élaboré et riche en nuances. De son pouce et son index, à la base desquels on pouvait voir un tatouage sans en distinguer les détails, il pince les cordes du haut et de ses autres doigts il joue sur les cordes du bas donnant un son où on entend deux mélodies distinctes par moments. C'était fascinant de voir le jeu de ses mains aux longs doigts minces qu'on croirait fragiles mais qui courent sur les notes avec tant de force.

Et quelle belle voix! Je l'ai trouvée légèrement plus basse que l'an passé, la maturité fait peut-être son oeuvre sur les cordes vocales du jeune chanteur. Je l'ai complimenté sur la richesse de sa voix et lui, humblement, m'a parlé de l'excellente sonorisation de la salle et de celle du micro. Disons que l'excellente sono a mis en valeur la richesse de sa voix.

Mason marque le rythme en claquant des doigts, en plaquant sa main ouverte sur toutes les cordes ou, dans les moments plus forts, en tapant du pied sur la scène pour accentuer le tempo. Son bassiste, Mike Farrington le suit dans ces mouvements sans en mettre trop, agréable à voir évoluer, toujours en contact rythmique avec Mason et le batteur Damien Moynihan. Ceci donne un trio d'une efficacité sans failles. Visuellement rien d'exubérant mais plutôt une foule de détails agréables à suivre dans le jeu et l'attitude. J'ai aussi trouvé que les musiciens avaient une humeur plus ouverte et joyeuse, peut-être due au fait que ce deuxième spectacle avait rempli la salle aux trois quarts ce qui était le double d'assistance du premier.

Présentant tous les styles,  le spectacle de Mason était tout à fait différent de celui de l'an dernier. J'ai déjà vu des bands revenir à un an d'intervalle avec exactement le même spectacle, setlist et discours entre les chansons exactement semblables. Mason n'a même pas pris la Fender Stratocaster qu'il avait utilisée pendant presque tout le show l'an passé. Il a fait des chansons différentes nous offrant des pièces de son prochain CD qu'il viendra nous présenter, espérons-le, l'an prochain. En attendant, on peut écouter et réécouter l'excellent premier CD de ce jeune bluesman de 25 ans, "I'm Just A Man", ce que mon mari a fait dans la dernière année ce qui lui a donné le goût de voir le spectacle. Il a par le fait même découvert un bluesman qui sort de l'ordinaire en spectacle et il a été enchanté de sa soirée comme tout le monde à qui j'ai parlé à la fin.

J'ai demandé à Garrett si la guitare semi acoustique qu'il utilisait avait appartenu à son père. Il m'a répondu que non, que Dutch a vendu toutes ses guitares avant sa naissance, ne pouvant plus jouer à cause de l'arthrite qui déformait ses mains. Il a continué sa carrière en chantant seulement. Et pour terminer, vous demandez-vous quel est ce tatouage sur la main de Mason dont on ne pouvait distinguer les détails? Je brûlais d'impatience de le voir de plus près. Et voilà que je m'approche de lui après le show pour satisfaire ma curiosité et lui poser quelques questions. Ce grand jeune homme mince au regard sensible, au talent indéniable qui a hérité du don de son père pour la musique et qui est capable de le mettre si bien en valeur a fait tatouer sur sa main un beau motif sur fond nuancé ayant en son centre un seul mot: DAD…j'avoue, mon cœur de mère a craqué…

http://www.garrettmason.com/
pour une vidéo du spectacle:
http://www.myspace.com/tatieblue
Céline Lajoie
pour Art Blues - Décembre 2007

 
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